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Dimanche 11 novembre-Communiqué n°13 - Etape 11 : Tmeimichat PK319 - Chinguetti (380 km)
Train d’enfer pour Chinguetti…
Il est trois heures du matin. A Tmeimichat, bled perdu, accroché à la voie de chemin de fer entre Nouadhibou et Zouerat, le sol se met à trembler méthodiquement dans un vacarme infernal.
Tremblement de terre ? Non, simplement le passage du train, l’un des plus longs du monde (entre 2 et 4 km !) qui transporte le minerai de fer jusqu’à l’Atlantique. A peine deux heures plus tard, nouveau vrombissement, cette fois il s’agit des premiers quads qui rejoignent le bivouac improvisé de la TransAfricaine Classic. Il est cinq heures, tout le monde s’éveille pour une demi journée de rallye jusqu’à Chinguetti. Le jour se lève, nouvelle montée de décibels.
Dans un grand nuage de poussière, l‘hélicoptère médical s’élève dans le ciel. A 80 kilomètres du bivouac, Eric Lebigot, l’un des quadeurs, a effectué une mauvaise chute. Transporté à Atar, puis en avion jusque Nouakchott, il souffrirait de deux côtes fracturées… Une journée débute sur cette TransAfricaine. Une journée pas comme les autres. Une journée particulière dans la septième ville sainte de l’Islam où les équipages de cette TransAfricaine 2007 ont pris une demi journée afin de retaper les hommes et leurs mécaniques… Eric Lebigot : côtes cassées. Cela avait l’aspect d’une herbe à chameaux, la couleur d’une herbe à chameaux, mais ce n’était pas une herbe à chameaux. Stoppé net par ce gros caillou enfoui dans le sable, le Yamaha Raptor d’Eric Lebigot a brutalement rué, éjectant son pilote sans aucun ménagement. Retourné comme une crêpe, Eric Lebigot a heureusement pu compter sur l’efficacité de sa protection dorsale pour atténuer le choc. Transporté, via Atar, avec une suspicion de fractures au niveau des côtes, à la Clinique privée Chiva de Nouakchott, il y subissait des examens approfondis cet après-midi… Contacté par téléphone, il nous rassurait personnellement sur son état de santé, soulignant même : « Et surtout dites à Véronique, mon épouse, que tout va bien et que je voudrais qu’elle termine ce rallye pour nous deux… »
Fort Saganne. Dans la superbe passe d’Amogjâr où les roches multicolores se découpent de manière tranchante sur un ciel uniformément bleu, les hommes du Front Polisario ont laissé quelques ruines délabrées d’un ancien fort de cinéma. Celui de Fort Saganne que ni Gérard Depardieu, ni Sophie Marceau ne reconnaîtraient aujourd’hui…
Visite ministérielle. Monsieur Ba Madine, le tout nouveau Ministre de l’Artisanat et du Tourisme de Mauritanie a tenu à venir saluer les équipages et les organisateurs de la TransAfricaine Classic à l’occasion de cette… demi journée de repos. Un honneur considérable, compte tenu du fait que le Ministère de l’Artisanat et du Tourisme n’existait pas sous les législatures précédentes. La preuve aussi que la Mauritanie fait désormais officiellement du tourisme l’un de ses nouveaux axes de développement…
Comme en 1987 ! L’étape de ce lundi, véritable juge de paix de cette TransAfricaine 2007, qui conduira les concurrents de Chinguetti à Tidjikja, roulera sur les traces d’une étape d’anthologie, effectuée en sens inverse en 1987. A l’époque, les leaders, Ari Vatanen (Peugeot 205 T16) et… Patrick Zaniroli (Range Rover), accompagné par un certain Alain Lopes, s’étaient égarés sur les plateaux rocailleux de l’Adrar sans trouver la bonne passe, laissant la victoire d’étape à Boussier-Faucher (Range Rover).
Marreau joue au Mille Bornes. Arrivé à Chinguetti de bonne heure, Claude Marreau s’apprêtait hier à effectuer une boucle de plus de mille bornes (via Atar et Nouakchott pour rejoindre la caravane du rallye, mardi à Kiffa. Selon l’avis même de Patrick Zaniroli, sa petite Renault 4L déjà héroïque ces deux derniers jours, n’aurait sans doute pas survécu au traitement de l’étape dantesque de lundi entre Chinguetti et Tidjikja…
Pièces tombées du ciel. Avec la journée de repos, la visite de quelques VIP, le remplacement de certains équipages à mi-parcours (Jean-Luc Roy prenant le relais de Patrick Tropenat), la journée de repos a également été l’occasion pour certains équipages de se procurer des pièces indispensables pour la poursuite de cette TransAfricaine Classic. C’est ainsi que Patrick Marichal et Thierry Moureau attendait un câble d’accélérateur neuf pour leur VW Iltis.Quad neuf ? Regroupés à Atar autour de leur camion d’assistance, Xavier Rouchouse, Michel Blanc, Xavier Leclerc et Jean-Christophe Thamas ralliaient le bivouac de Chinguetti en soirée. Quant à Véronique Lebigot et Jean Karl Atzert, partis avec beaucoup de retard ce matin, ils passeront la nuit à Atar avant de rejoindre le rallye à Tidjikja.


Patrick Zaniroli (Organisateur) :