ETAPE 2

LA GRANDE ÉVASION DES PRINCESSES

Le ciel est bas au départ de cette deuxième étape du RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE. Petites routes swinguant à perte de vue dans campagne. Cap sur Vichy, ville d’eau, ville thermale ! Le temps est mitigé. Malgré la petite pluie du matin, le moral est au top. La caravane conserve son entrain, loin du train-train. Ça balance pas mal depuis Paris. Le chrono tourne, les équipages défilent, les pénalités claquent. L’attention monte et la tension aussi. Les épingles, les lacets et les dénivelés s’enchainent. Garder la moyenne à tout prix ! Pas le temps de découvrir le paysage magique qui se profile. Ça file à toute allure. Le temps du déjeuner au Château de la Crête est l’intermède bienfaisant. Zénitude quand tu nous tient ! C’est reparti sur les chapeaux de roues, les plus rapides devant ! Les montagnes russes par le toboggan sublime et tournoyant surplombant les gorges de Chouvigny va rendre son verdict. Tic-tac, tic-tac, le temps nous rattrape. Entretemps le soleil est déjà revenu sans crier gare. Le Parc des Sources déploie l’ombre sous ses marronniers. C’est l’arrivée. Le temps s’arrête enfin. Podium, parc fermé, moteur coupé. Santé, les Princesses !

LE STATUS QUO DES CHAMPIONNES

Les plus belles histoires naissent souvent lors d’éditions d’exception. Et puisque l’on n’a pas tous les jours 20 ans, cette édition 2019 du RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE se construit, jour après jour, une histoire sportive passionnante. Un top 3 qui réalise exactement le même nombre de points (23) sur cette 2e étape : c’est du jamais vu ! Ajoutez-y que les cinq premiers équipages au classement général ne sont, ce soir, séparées que de huit petits points et vous aurez compris qu’un millésime se prépare ! A toute Princesse, tout honneur ! Victorieuses de l’étape du jour, MARIE PÉRIN et CATHERINE LABBÉ (VW GOLF n°79) devancent avec 17 points les trois ténors du général (23 pts) qui, fait exceptionnel, se neutralisent sur les 27 prises de temps de la journée ! Au général ce sont donc CAROLE GRATZMULLER et ELISA NOEMIE LAURENT  (Chevrolet Corvette Stingray n°56) qui mènent la danse avec 50 unités, trois points devant l’AC COBRA n°100 d’ADELINE PAQUIERS et HÉLÈNE EUVRARD. Ex aequo à la 3e place MARINA ORLANDI CONTUCCI et VALÉRIE DOT (Lancia Beta Monte Carlo n°90) et le duo PÉRIN-LABBÉ totalisent 55 points. Clôturant le TOP 5 et également 5es du jour l’on retrouve INÈS et BÉRÉNICE COHEN (Porsche 911 SC n°94) qui, elles non plus, n’ont pas dit leur dernier mot !

FLASHBACK : IL Y A 20 ANS…

Martine Lievens : « Je n’ai plus lâché le volant depuis… »

Il y a 20 ans, presque jour pour jour, le RALLYE DES PRINCESSES entamait son odyssée sur les plus belles routes de France. Avec 18 voitures au départ, cette épreuve hors-normes brisait tous les stéréotypes, laissant le volant aux femmes dans une épreuve entièrement conçue pour elles, et par elles…

MARTINE LIEVENS, passionnée de sport automobile, était au départ de cette toute première édition. La pilote belge, recordwomen avec 16 participations, accompagnée à l’époque de son compagnon JACQUES HEYMANS, est aujourd’hui encore présente dans cette 20e édition du RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE, au volant de sa Ferrari Dino n°72. Elle se souvient parfaitement de cette première aventure : « C’est notre compatriote Alain Lopes, le traceur de l’épreuve, qui nous avait parlé du Rallye des Princesses lors du Liège-Rome-Liège. Nous avons pris le départ au volant de notre Ferrari 250 GT Pininfarina qui avait appartenu au Prince Bernhard des Pays-Bas. Ce fut vraiment surréaliste. Lorsque nous avons débarqué Place Vendôme après, déjà, de multiples soucis techniques, il y avait des caméras partout ! Il faut avouer que la plupart des équipages au départ était composé d’authentiques princesses des cours grandes familles d’Europe. C’est la première fois que j’ai pris le volant d’une voiture en compétition… et je ne l’ai plus lâché depuis ! Au final, nous avons terminé troisièmes et cela restera sans doute à jamais mon meilleur résultat en l’espace de 16 participations…»

DEMAIN : DE L’AUVERGNE AUX ALPES

Etape 3 : Vichy - Saint-Lager - Aix-les-Bains (341 km)

Lacets à volonté et grimpettes à gogo : au cours de cette 3e étape, le RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE attaque la montagne. De l’Auvergne aux Alpes le temps d’une journée, la navigation va faire place au plaisir de pilotage. Mais attention au moyennes, pas toujours faciles à tenir avec ces belles voitures anciennes qui évolueront souvent à plus de 1.000 mètres d’altitude, notamment avec le franchissement de plusieurs cols, dont le Grand Colombier qui, avec ses 1.501 mètres constituera le point culminant de cette 20e édition. Attention cependant au ‘toboggan’ qui glisse jusqu’au Culoz. La descente s’annonce épique, avec des enchaînements de virages serrés et une vue somptueuse sur la Vallée du Rhône. La caravane ponctue la journée en longeant le Lac du Bourget avant de rallier l’étape d’Aix-les-Bains.

INTERVIEWS

Carole Gratzmuller (Fra/Chevrolet Corvette Stingray n°56) : «L’association avec Elisa se passe très bien. Nous savons toutes les deux exactement ce que nous avons à faire et il faut croire ça marche parce que les résultats sont plutôt bons. A nous deux, cela nous fait un total de six victoires et cela se ressent très vite dans nos prises de décisions. Mais la bataille sportive est très serrée en tête de la course. Je dirais que nous sommes une bonne dizaine d’équipages à nous battre pour le podium final. Il faut rester concentré, car cela peut basculer à la moindre petite erreur… »

Marina Orlandi Contucci (Ita/Lancia Beta Monte Carlo n°90) : « Cette Lancia est celle de mon mari qui a disputé le Rallye de Monte Carlo à l’époque en 1974. Pour la rendre un peu plus typée ‘Princesses’, nous l’avons fait décorer dans style de la maison de couture de ma belle-mère, Mila Shön, qui avait notamment habillée Jacky Kennedy, mais aussi fait les uniformes d’Alitalia, ce qui touche ma co-pilote qui est hôtesse de l’air. Elle nous transmet son énergie positive. On a le style et on aime le sport. On fait un peu les clowns de temps en temps, mais ça marche. C’est la concentration dans la… décontraction. »

Leslie Gullino Destas (Fra/Porsche 356 n°37) : « Navigatrice sur ce RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE, c’est penser à tout… tout le temps. Les métrés, le chrono, les remises à zéro. Parfois on a un peu peur d’avoir le mal de voiture quand cela tourne trop. Mais sinon, cela n’a rien d’une balade, c’est vraiment la compétition et on adore vraiment. On se vide la tête, on pense pas au boulot, on pense pas trop aux enfants, C’est super ! Bien sûr, nous ne sommes pas équipées comme les meilleures, mais on espère bien arriver au bout avec le meilleur classement possible. »

Rosie Cusack (USA/Covette Stingray n°38): « Pour une Américaine tout n’est pas vraiment évident, notamment les panneaux de signalisation. Mais d’autres choses se sont avérées étonnamment faciles. Nous avons ainsi pu louer assez facilement une voiture à Nice avec une assistance qui nous a déposé la voiture à Paris. Bien sûr, tout cela n’est pas gratuit, mais jusque-là, cela en valait vraiment la peine car l’expérience est vraiment extraordinaire. Et, vous en conviendrez : cela n’a pas de prix ! J’organise de gros événements aux Etats-Unis, donc je suis bien placée pour savoir que ce qui est accompli ici est vraiment hors du commun. »

Cecile Viennot Cappel (Fra/MG B n°89) : «Alors qu’il restaurait cette voiture, mon mari m’a dit que lorsque la voiture serait terminée je devrais absolument m’inscrire au RALLYE DES PRINCESSES RICHARD MILLE. Je me suis renseignée sur l’événement, j’ai rencontré les organisateurs et j’ai accepté l’offre. Ce qui m’intéressait surtout, c’était l’aspect humain. Partager une belle aventure avec ma co-pilote et les autres équipages. Du point de vue sportif, nous n’avions pas de grandes ambitions, mais je suis étonnée de voir comme on se  prend au jeu. Le stage de préparation nous a également bien aidé à comprendre quelles étaient nos erreurs.